LA MAGIE, NOTRE VOISINE

AnnAmazonie

Un jour, on m’a demandé d’écrire un roman dans la nouvelle collection arobas jeunesse, destinée aux jeunes de dix ans et plus. Seule contrainte, il fallait introduire la nouvelle technologie, sous une forme ou sous une autre, dans la trame du récit.

En faisant courir mon imagination, je me suis amusée à repêcher des matériaux épars de cette période trouble et pourtant heureuse de ma vie, un mélange de pouvoir dont on ne sait rien encore, mais qu’on rêve d’exercer, de craintes qui nous cernent de toute part devant l’inconnu, de rites pour tenir la peur à distance et, en contrepartie, de confiance grâce à l’amour qui nous protège et de joie sous l’effet de la magie, notre voisine.

Mon rapport à l’ordinateur a toujours eu un petit côté miraculeux qui allait comme un gant à cette proposition. Entre la magie ancienne et la nouvelle, j’étais en pays de connaissance.

Le récit de Samhain, La nuit sacrée a été publié une première fois en 2001 recevant dans la foulée le sceau d’argent du Prix M. Christie. Puis l’éditeur est retourné à ses premières amours et moi à mes moutons, la révision linguistique devenue mon second métier.

L’Halloween approche à grands pas, et ensuite Noël ne sera plus très loin. J’avais envie que Laurie, qui détient des informations de première main sur ces deux fêtes, puisse les partager avec une nouvelle cohorte de petits lecteurs. Ayant troqué ses habits de papier pour de nouveaux habits virtuels, le roman est offert gratuitement. Il suffit de vous téléporter sur la page Romans de mon site et de repartir avec si le cœur vous en dit.

Un avant-goût, ça vous tente? Voici la quatrième de couverture :

Samhain_pleine_image

« Sur l’écran devant Laurie, sans qu’il se soit agi d’un jeu qu’elle aurait d’abord introduit dans l’ordinateur, se trouvait une très vieille forêt de chênes. Sa main était immobile et, en principe, l’image aurait dû l’être aussi, mais elle venait de remarquer un grand pic qui traversait le ciel en direction de la forêt. »

Tous les enfants le savent, la réalité a des frontières bien plus imprécises et bien plus mystérieuses que celles qu’on lui prête en général. Et qu’on se le dise, ce n’est pas un ordinateur et ses puces qui empêcheront le Petit Peuple, ses fées et ses gnomes de circuler tout près de nous et de dresser, chaque automne, la table des célébrations anciennes, en souvenir d’un lointain rendez-vous oublié des hommes.

En décembre, Laurie reviendra partager des informations jamais révélées sur l’endroit où s’en vont les oiseaux quand la terre devient trop inhospitalière, dans un récit inédit jusqu’à présent  L’Alcyon ou l’oiseau fabuleux. Joyeuse Action de grâces!

           Ann :0)

Québec, 8 octobre 2018

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PROMESSE TENUE

AnnLamontagne

Enfin libre!
Je respire enfin à l’aise.
Tout ce chemin parcouru, ce silence involontaire, comme une promesse non tenue, alors que le dernier manuscrit existait et qu’il eut été si facile de le laisser vivre, rejoindre ses lecteurs, et se laisser aimer, ou pas.
Au printemps 2010, j’arrivais au terme d’un cycle d’écriture de sept ans. Le récit des Enfants de la nébuleuse, commencé en 2003 grâce à une bourse de 20 000 $ du Conseil des arts du Canada, et poursuivi au fil des ans à travers les contrats et les aléas de la vie, arrivait finalement au bout de son voyage dans un cinquième et dernier tome, L’année du jubilé, qui n’a, à ce jour, jamais été publié.
Chaque année, depuis 2006, je terminais un tome de la pentalogie qui paraissait chez Vents d’Ouest au moment de la rentrée sous les auspices de Colette Michaud, sa directrice générale. En avril 2010, le dernier manuscrit finalement achevé, je l’ai présenté comme nous en avions convenu à Michel Lavoie, devenu responsable des publications chez VO deux ans plus tôt. Étrangement, cette année-là, contrairement aux deux précédentes, il m’a annoncé qu’il ne l’avait pas inscrit dans le calendrier des publications.
Puis, les quatre tomes déjà parus ont rapidement été envoyés au pilon après qu’on m’eut offert d’en racheter les exemplaires à prix dérisoire, comme il est d’usage en édition quand on ne veut plus des livres dont on a la charge.
Un autre cycle de sept ans a alors commencé, un cycle de chagrin, d’espoirs de publication avortés, et s’en est allé. Jusqu’à ce que je décide de passer outre la barrière, comme on appelle à Lomé le rouleau de vagues qu’il faut franchir à ses risques et périls pour atteindre le large ou au contraire parvenir à regagner le rivage, et qu’avec l’aide précieuse de mes neveux Pascal et Dominique, je m’invente un fonds de commerce, une page où je serais seule aux commandes.
Les enfants de la nébuleuse allaient revivre.
Je ne suis pas peu fière aujourd’hui de l’offrir gratuitement aux lecteurs qui auront envie d’embarquer dans l’aventure pour la découvrir ou simplement pour en connaître le dénouement.
C’est la raison d’être de ce site. Offrir librement ce que j’ai écrit avec passion et en toute indépendance, puisque je n’ai jamais su obtempérer aux éditeurs qui ont tenté de me dire quelle recette suivre, quel mot ne pas employer, quelles pages supprimer.
Il n’a fallu qu’un geste très simple, celui de mettre l’histoire à la disposition du lecteur qui en fera usage au gré de son bon vouloir.
Promesse tenue!
Ann :0)
Québec, 14 février 2018